Le Parfum du Passé
Une nuit a changé leur vie. Cinq ans de mensonges les ont séparés. Une vérité s’apprête à tout faire exploser.
Que se passe-t-il quand l’amour de votre vie est aussi votre meilleur ami… et que vous lui cachez l’existence de votre enfant pendant cinq ans ?
Greta a cru bien faire en élevant sa fille seule, en inventant un mari de convenance pour protéger Noah et sa carrière.
Noah a cru oublier Greta en créant une vie sentimentale factice.
Mais comment ignorer une attraction magnétique qui refuse de disparaître ?
Comment résister à cette petite fille dont les yeux sont le miroir des leurs ?
Fuir n’efface jamais ce qui a été vécu.
Greta rejoignit Noah dans le parc, sous le même vieil arbre qui les avait vus se réconcilier, enfants. La lune, témoin de tant de leurs secrets, les éclairait d’une lumière d’argent. Il était là, adossé au tronc, et il l’admira tandis qu’elle approchait, la silhouette gracieuse se découpant dans la pénombre. Son sourire, d’abord tendre, se figea puis se transforma en une expression indéchiffrable – mêlée de douleur et de colère – quand il remarqua l’éclat discret d’une bague à son annulaire.
Ils s’assirent côte à côte, un espace infime et pourtant infranchissable entre eux. Le silence était lourd de tout ce qui n’avait pas été dit pendant cinq ans.
Ce fut Noah qui parla le premier, sa voix neutre, presque clinique.
— Alors, ces cinq ans avec Sonya… et ton mari. C’était comment ? Il prend bien soin de toi ? De Sonya ? Il est… toujours présent ?
Greta sentit la morsure du remords. Elle esquissa un sourire triste.
— Par quoi dois-je commencer à répondre, Qasim ?
Il se tourna brusquement vers elle, son regard s’enflammant.
— Pourquoi m’appelles-tu Qasim ? « Noah » serait devenu trop amer pour toi ? On s’était promis de tout se dire ! Tu te souviens ? Et pourtant… tu m’as caché ta grossesse jusqu’au sixième mois. Tu m’as caché Lucas jusqu’à ce que je le découvre par hasard sur une photo ! Moi qui…
Sa voix se brisa. Il ne put finir sa phrase. Moi qui t’aimais. Moi qui t’attendais.
— Noah, c’est du passé, maintenant, l’interrompit-elle doucement, se cachant derrière son mensonge comme derrière un bouclier. Regarde-nous. On a grandi. Je suis mère. Et… mariée.
Noah resta silencieux un long moment, absorbant le coup.
— Oui. Je le vois bien, Greta. Mais j’ai des questions.
— Et toi ? rétorqua-t-elle, contre-attaquant pour se protéger. Tu ne vois personne ? Pedro m’a dit que tu étais avec Sabrina. Comment ça s’est fini ?
Un sourire cynique apparut sur les lèvres de Noah.
— Sabrina ? C’est de l’histoire ancienne. Non. En fait… j’ai une fiancée. Emma.
Les mots tombèrent comme des pierres dans l’estomac de Greta. Une fiancée. Emma. Elle avait, sans se l’avouer, nourri l’espoir secret qu’il était resté libre, que la vérité sur Sonya pourrait encore les réunir. Cet espoir venait de se pulvériser. Elle se figea, incapable de prononcer un mot.
Un long silence s’installa, plus lourd que le précédent, chargé de désillusions et de rêves brisés.
Noah le brisa, sa voix redevenue un murmure rauque, chargé d’une émotion qu’il ne contrôlait plus.
— Lucas… tu l’aimais vraiment, Greta ?
Il se tourna complètement vers elle, leurs visages si proches dans l’obscurité qu’elle pouvait sentir son souffle. Le temps sembla s’arrêter. Cette proximité, cette tension électrique… c’était la même que dans leur nuit, cinq ans plus tôt. La même que sous le drap, adolescents. Toute la distance, les mensonges et les années semblaient fondre, ne laissant place qu’à cette attraction magnétique, brute et inavouée.
Son regard descendit vers ses lèvres. Le passé et le présent se télescopaient dans un vertige. Allait-il l’embrasser ? Allait-elle le laisser faire ? Dans ce silence suspendu, il n’y avait plus ni Lucas, ni Emma, ni Sonya. Il n’y avait que Noah et Greta, et le fantôme brûlant de tout ce qu’ils n’avaient jamais osé se dire.
Non, aucun d’eux ne fut le premier à bouger. Comme si un sort les avait figés, ils restèrent un long moment à se dévisager, le silence criant tout ce qu’ils n’osaient dire. Puis, ce fut Noah qui, d’un geste d’une infinie tendresse, leva la main et caressa la joue de Greta. Son pouce effleura sa peau, si doucement que c’en était presque une prière.
Greta ferma les yeux, sentant les larmes qu’elle refoulait depuis des années lui brûler les paupières. Elle luttait pour les contenir, pour ne pas se briser complètement devant lui.
Soudain, sans réfléchir, Noah l’attira contre lui, l’enlaçant si fort qu’elle en eut le souffle coupé. Elle voulut protester, poser ses mains sur sa poitrine pour le repousser, mais les mots lui moururent dans la gorge.
— Non, souffla-t-il contre ses cheveux, sa voix rauque et brisée. S’il te plaît… Juste cinq minutes. Laisse-moi… laisse-moi juste respirer ton parfum. C’est tout.
Greta ne dit rien. Elle cessa de se raidir.
— Ne me repousse pas, supplia-t-il encore.
Elle obéit. Elle s’abandonna dans son étreinte, laissant son front se reposer contre son torse, écoutant le battement fou de son cœur qui semblait faire écho au sien. Ils restèrent ainsi, enlacés dans l’obscurité, bien plus que les cinq minutes demandées. C’était un répit, une trêve volée au mensonge et à la douleur.
Et après cette étreinte volée… que se passe-t-il ?
Noah saura-t-il la vérité sur Sonya ?
Greta avouera-t-elle enfin ?
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